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Courant Littéraire – L’humanisme-B2

انسان گرایی
در اواخر قرن پانزدهم میلادی در ایتالیا، فرانسه و سپس در سراسر اروپا جهش عظیمی در آگاهی و دانش رخ داد. در این دوران انسان برای پیشرفت و شکوفایی شخصی خود فقط به خواسته های الهی خود می پرداخت. در آن زمان در دانشگاه ها، هر نوع آموزشی را که مطابق با اخلاق مسیحی نبود کنار گذاشته می شد. در سال 1453، دانشمندانی از قسطنطنیه گنجینه های گران بهایی از ادبیات و فلسفه باستان به ویژه آثار افلاطون مانند ضیافت (به زبان فرانسهBanquet) را به ایتالیا آوردن. در این اثر افلاطون، دیدگاه ها بدون هیچ گونه محدودیت و تعهدی برای تطبیق آن با هر اخلاق و اعتقادی بیان شده است. در اواخر قرون وسطا انسان گرایی توسط نویسندگان باستانی متولد شد.
این مقاله برای افرادی که سطح B2 زبان فرانسه هستند مناسب می باشد.
گردآورنده : الهام نورکیهانی

Courant Littéraire – L’humanisme

Dès la fin du XVe siècle en Italie, puis en France et dans toute l’Europe au XVIe siècle, se produit un formidable bouleversement des consciences et des savoirs, une rupturesans précédent dans la pensée, puisqu’elle met désormais l’Homme et son épanouissement personnel au centre du monde, en abandonnant donc la tradition chrétienne d’un humain uniquement définissable par Dieu, et soumis à la seule volonté divine. En effet, au Moyen Âge, il était impensable de définir un homme sans Dieu, car l’homme était la « créature » du grand plan divin, et toute sa culture revenait à chanter la gloire du Seigneur. Dans les universités, la scolastique (c’est-à-dire un enseignement figé, rigide, étriqué et formaliste) filtrait le savoir, laissant de côté tout ce qui n’était pas jugé conforme à la morale chrétienne ; on étudiait dont surtout les grands textes fondateurs de la religion chrétienne, en les surchargeant de gloses et de commentaires souvent froids et abstraits. Quant aux écrits des philosophes et des savants de l’Antiquité grecque et romaine, ils étaient soit ignorés, soit déformés par des traductions et des interprétations destinées à les rendre conformes aux croyances chrétiennes.


HISTOIRE

En 1453, des savants chassés de Constantinople viennent se réfugier en Italie, apportant dans leurs bagages de précieux trésors : les textes non altérés, originaux de la littérature et de la philosophie antiques, et en particulier les œuvres de Platon, parmi lesquelles le « Banquet », récit d’une soirée mémorable : autour d’un bon repas, de joyeux convives discutent de la nature humaine et de l’amour ; chacun expose son point de vue, sans aucune contrainte ni entrave, sans l’obligation de le rendre conforme à une quelconque morale ou croyance, dans une totale liberté de penser et d’expression de sa pensée.
En cette fin de Moyen Âge, la redécouverte des auteurs antiques constitue une révélation, et entraîne une révolution dans les mentalités, et dans la façon de considérer le savoir et la connaissance : l’humanisme est né. On renoue avec les idées et les représentations profanes : Aphrodite (alias Vénuschez les romains), les antiques déesses de l’Amour, sortent de l’oubli, et à nouveau leurs charmes inspirent les poètes. On réfléchit à ce que Cicéron appelle l’humanitas, mot qui désigne la « culture générale », et on décide que la vraie culture de l’esprit commence avec la relecture des textes antiques. On assiste donc à une véritable « Renaissance », vigoureuse et rieuse, des littératures grecques et latines. L’Homme s’écrit désormais avec une majuscule, signe de sa puissance ; l’Homme est espoir, émancipation, progrès, dépositaire d’une nouvelle « foi » : celle de la culture individuelle et généralisée. L’humanisme est alors un vaste processus de civilisation, et les livres sont les symboles d’un idéal de perfection qui permet à l’Homme de se réaliser avant tout sur la Terre, sans attendre d’être appelé au Ciel, auprès de Dieu. En cela, l’humanisme annonce déjà les Lumières, ce courant de pensée qui triomphera au XVIIIe siècle en engageant la lutte contre l’ignorance et contre l’intolérance. Avec l’humanisme, l’Homme devient donc admirable, comme le proclame le poète anglais William Shakespeare dans « Hamlet » : « l’homme est un chef-d’œuvre, noble en raison, infini en facultés, égal à un dieu, admirable en action : il est le signe terrestre de toute la beauté du monde.

Les Grands Humanistes

Les érudits humanistes de la Renaissance, en quête de sagesse et de vérité, voyagent beaucoup à travers l’Europe, se rencontrent, s’écrivent pour échanger leurs idées : le savoir, alors, est placé au-dessus des nations, au-dessus des divisions politiques et religieuses, et il circule dans un espace de dialogue et de réflexion qui ignore les frontières. Les humanistes ainsi fondent une communauté de pensée appelée la République des Lettres, et cette république a ses « princes », en Italie, en Angleterre, en France, en Allemagne, en Hollande…

Érasme (1469-1536) : Né en Hollande, il compose « L’Éloge de la folie » et devient le « Prince des humanistes », éclairant de ses œuvres et de sa pensée toute l’Europe de la Renaissance des lettres. Encore aujourd’hui, en mémoire de lui, les échanges entre universités européennes s’appellent Erasmus. Homme de raison, Érasme cherche à concilier le message des Évangiles avec des textes de la philosophie gréco-latine, pour forger des idées et des politiques modernes, capables de rénover les États et la société.

Thomas More (1478-1535) : Homme politique anglais, proche du roi d’Angleterre Henri VIII et ami d’Érasme, il est l’inventeur de la célèbre « Utopie », un pays imaginaire, né de nulle part, où enfin la sagesse, le mesure, la tolérance règnerait, loin de toute violence et de tout arbitraire. Un royaume de la Raison.

Marsile Ficin (1433-1499) : En Italie, il traduit du grec au latin les œuvres de Platon, et fait découvrir à ses contemporains le néoplatonisme (un courant philosophique qui était né au IIIe siècle apr. J.-C., et qui associait aux idées de Platon des interrogations d’ordre religieux, sur l’immortalité de l’âme). Élève de Ficin, Pic de la Mirandole (1463-1494) est un sage philosophe au savoir immense, à la culture universelle, surnommé « le Prince des érudits ». Il est l’auteur de la « Dignité de l’Homme », ouvrage dont le titre nous rappelle que, avec l’humanisme, l’individu devient la valeur essentielle du monde.

Guillaume Budé (1467-1540) : Est l’un des premiers grands humanistes français. Remarquable spécialiste du grec ancien, il fonde le Collège des trois langues (qui deviendra le Collège de France), où sont enseignés le grec, le latin, et l’hébreu. Ronsard (1524-1585) et ses amis de la Pléiade s’inspirent de la poésie latine antique, et mettent envers les idées humanistes.

En France

François Rabelais (1483 ou 1494-1553) : Moine, médecin, écrivain, et l’auteur entre autres de « Pantagruel » et de « Gargantua », œuvres satyriques et burlesques qui narrent les aventures extraordinaires d’une race de géants dotés d’un appétit d’ogre, symbolisant une immense avidité pour le savoir et la culture. Défenseur de la paix, de la tolérance et de la connaissance, Rabelais épingle les défauts de l’éducation d’avant les temps humanistes, et propose une pédagogie nouvelle, où le corps et l’esprit, libérés des anciens interdits, trouveraient l’harmonie, dans le respect des lois de la Nature. Car suivre la Nature, respecter et écouter son corps, c’est aussi cela la sagesse. Rabelais est en outre un grand inventeur de mots, un enthousiaste de la langue, dont il explore avec gourmandise toutes les possibilités originales.

: Est un lecteur inlassable des textes de la philosophie antique. Écrivain, il rédige les « Essais », où il donne une leçon de sagesse : apprendre à vivre heureux avec l’idée de la mort, qui est inéluctable ; fuir les dissipations du monde qui nous éloignent de nous-mêmes ; adopter un nouveau système d’éducation, plus propice à l’épanouissement des enfants loin des préjugés et des superstitions du Moyen Âge ; respecter la Nature qui est pour l’homme un « doux guide ».

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